Le travail présenté ici est avant tout une recherche de vérité par la matière.
La peinture se construit dans l'épaisseur, à l'épreuve de la spatule et du couteau. C'est un processus instinctif de strates, d'accumulation et de destruction. J'utilise l'acrylique, les textures minérales, le béton, les incrustations froides. La toile n'est pas traitée comme un support délicat, mais comme un mur qu'on monte, qu'on gratte, qu'on sature et qu'on finit par fracturer pour trouver le point d'équilibre.
De l'abstraction pure aux figures morcelées, j'essaie de traduire des états de tension : le froid de la mécanique urbaine contre la chaleur organique, la rigueur d'une grille contre le chaos d'une coulure, l'enfermement et l'échappatoire.
L'idée n'est pas de dicter ce qu'il faut ressentir ni de provoquer pour le plaisir de choquer. Il n'y a pas de concept alambiqué ni de posture à tenir. C'est simplement une proposition honnête. Un travail physique, brut, où chaque coup de spatule a sa raison d'être. La toile est là, elle existe, et elle appartient désormais à celui qui la regarde